Le Festival

La palmarès de la Berlinale 2019

Après avoir visionné des dizaines de films, affiné nos avis critiques à mesure que les projections s’enchaînèrent et établi nos pronostics dans l’attente de voir le palmarès révélé, les résultats sont enfin tombés : Synonymes, le film de l’israélien Nadav Lapid, et Grâce à Dieu, de François Ozon, remportent respectivement l’Ours d’Or et le Grand Prix du Jury, faisant d’eux les grands gagnants de cette Berlinale 2019.

L’Ours d’Or

Synonymes, le film de l’israélien Nadav Lapid, raconte l’histoire d’un jeune homme, ancien combattant isréalien immigrant en France pour fuir la folie de son pays. Il jure de ne plus jamais prononcer un seul mot d’hébreu, et tente de s’intégrer à la société française qu’il voit comme un eldorado. Presque autobiographique, ce film traite d’un sujet brûlant, autant pour l’Israël que pour la France, que le réalisateur a hâte de faire découvrir au plus grand nombre : « Pour moi, ce film est aussi une célébration, du cinéma aussi », a-t-il alors clamé lors de son discours de remerciements. « Et j’espère que les gens pourront comprendre que la fureur, la rage, l’hostilité, la haine et le mépris arrivent seulement entre frères et sœurs, quand il y a un attachement solide et de fortes émotions. » A savoir qu’il s’agit du premier film israélien à recevoir le prix le plus prestigieux du festival.

4338510.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxLe film sortira en salles le 27 mars 2019. En attendant, trouvez les avis de nos rédactrices Maud et Morgan ici.

Le Grand Prix du Jury

Grâce à Dieu de François Ozon a été l’un des films les plus attendus de ce festival de Berlin. En plus de la renommée de son réalisateur, le film touche à unt thématique d’actualité qui se rapproche des frontières du scandale. François Ozon dénonce dans ce film les actes pédophiles des prêtres, bien trop souvent impunis. Dans le film, les protagonistes Alexandre, François et Pierre-Emmanuel se lancent dans un long combat contre leur bourreau, Bernard Preynat, qui a abusé d’eux durant leur jeunesse.

Grâce à dieuLa sortie en salles du film a été remise en question deux fois, après les recours judiciaires respectifs lancés par le prêtre Bernard Preynat et Régine Maire, ancienne collègue du cardinal Barbarin. Le premier, à travers son avocat, affirmait que sa présomption d’innoncence avait été bafouée au sein du film, alors que le jugement n’a pas encore eu lieu. La seconde déclarait avoir été dépeinte comme une personne sévère et dénuée d’empathie. Ces deux recours ont été refusés par la justice, donnant ainsi l’opportunité au film de sortir en salles ce mercredi.

Prix de la mise en scène

I was at home, but est un film réalisé par l’allemande Angela Schanelec, et ne nous cachons rien : quel bonheur fut-il de voir une réalisatrice remporter l’un des principaux prix de la Berlinale ! Le film raconte l’histoire d’une femme endeuillée après la mort de son mari, qui doit faire face à la fugue de son fils, deux ans après le drame. Le film s’attarde sur la dimension psychologique de son personnage principal, Astrid, et trouve ses qualités dans ses dialogues shakespeariens et dans son esthétique particulière, parfois basée exclusivement sur des animaux ou sur la nature environnante. Angela Schanelec propose des images vives, et des longs silences de quelques minutes, parfois perturbants, pour nous permettre de les apprécier.

i was here butCertains considèrent déjà le film comme un chef d’oeuvre, et la réalisatrice comme un maître dans l’art du cinéma. A découvrir prochainement.

Prix d’interprétation

Les prix d’interprétations masculins et féminins ont cette année été remportés par deux acteurs découverts dans le même film : So Long, My Son de Wang Xiaoshuai. Yong Mei et Wang Jingchun, tous les deux protagonistes de ce drame chinois, ont tous les deux partagé ces prix, et pas sans mérite. Ce film ambitieux par sa longueur (un peu plus de trois heures) n’est pas décevant pour le moindre. Le film raconte l’histoire d’une famille pendant les trois dernières décennies du siècle dernier en Chine, et démontre comment les politiques employées peuvent influencer les vies des individus au sein de leur société, notamment au moment de la Révolution Culturelle dans les années 1980. Entre le mélodrame et la critique, ce film est surtout le moyen d’exprimer la détresse d’une famille et les conséquences irréversibles que vont engendrer les événements terribles auxquels ils seront confrontés.

so long my sonIl faudra attendre juillet pour le voir le film sur nos écrans.

Prix du scénario

C’est le film de Claudio Giovannesi, La Paranza dei Bambini (Piranhas), qui reçoit ce noble prix. Le réalisateur partage le prix avec le journaliste Roberto Salvano, auteur du livre homonyme, et Mauricio Braucci, scénariste du film, qui a également collaboré avec le journaliste sur la série Gomorra. Le thème du livre, et donc de l’adaptation cinématographique, s’articule autour des gangs au sein des quartiers défavorisés de la ville, composés exclusivement d’adolescents et d’enfants. L’auteur, comme le réalisateur, tentent de dénoncer à travers leurs oeuvres l’embrigadement des enfants dans la mafia dès leur plus jeune âge, mais également la violence à laquelle ils sont confrontés quotidiennement, qu’ils reproduisent en semant la terreur. On peut par ailleurs voir ces enfants fièrement armés sur certains clichés. Ce sujet que Roberto Salvano a décidé de porter sur ses épaules lui a valu des menaces de morts de la part de la mafia napolitaine, ce qui l’oblige depuis à se munir d’une protection policière. Le gouvernement de Matteo Salvini, n’appréciant pas non plus ses révélations, menacent de la lui retirer s’il ne fait pas profil bas. « Je reste serein » répond-il. « Je continue à faire ce que je fais. Je continuerai à raconter ce qui se passe, je ne me laisserai pas intimider par les menaces que fait systématiquement le ministre de l’Intérieur italien ».

La paranza dei bambiniUn film à découvrir prochainement en salles.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s