Le Festival

Öndög : Ainsi va la vie (et la mort) dans la Mongolie de Wang Quan’an

En 2007, le réalisateur Chinois Wang Quan’an avait remporté l’Ours d’or avec Tuya’s Marriage, puis, en 2010, l’Ours d’argent du meilleur scénario pour Apart Together. Ce n’était donc pas une surprise de voir son dernier long-métrage Öndög (« Dinosaures » en Mongol) sélectionné dans la catégorie Compétition de cette 69ème édition du Festival International du Film de Berlin. Avec Öndög, Wang Quan’an signe un beau film aux personnages touchants de simplicité, sublimé par la magie enchanteresse des paysages Mongols.

Scène d’ouverture : un corps de femme nu et inanimé est retrouvé par des policiers en patrouille dans les steppes, au milieu de nul part. Bien que cet évènement soit le point de départ du film, il faudra peu de temps au spectateur pour réaliser que Öndög n’est ni un film policier, ni un thriller. Ce meurtre est une excuse pour introduire avec légèreté – oui, étonnamment -, la femme qui est en réalité l’héroïne de cette histoire. Du corps inerte retrouvé par chance et par hasard, une troupe de policier comique malgré elle nous guide à cette femme. Pas une fois le nom de l’héroïne n’est prononcé dans le film, tout comme ceux d’ailleurs des personnages secondaires. Habitante la plus proche de la scène de crime dans une steppe quasi déserte, cette dernière nommée la « bergère » par les policiers est sollicitée pour surveiller avec – et veiller sur – un jeune policier naïf et pas bien débrouillard. La petite trentaine, la bergère vit « par elle-même », avec sa yourte et ses moutons, manie le fusil comme personne, se déplace majestueusement à dos de chameau, avec pour seule aide occasionnelle celle d’un ami d’enfance.

Öndog est l’histoire douce de cette femme et de quelques hommes Mongols évoluant dans une région isolée d’un pays ballotté entre traditions et modernités. Quelque soit leur choix de vie, les personnages ont accès s’il le faut à un gros 4×4 pour traverser des étendues de rien afin de consulter quand nécessaire un médecin, ou disposent d’un service de médecin légiste tout comme il faut. Très belle scène aussi, lorsque notre héroïne descend de sa géante monture pour s’asseoir sur un banc installé sous deux grands lampadaires électriques, tel un arrêt de bus sans route, au milieu d’une plaine sans fin. Le seul lien avec la ville est le plan d’un train s’enfuyant lentement du cadre, en direction de la Capitale Oulan-Bator.

Cette histoire, elle semble aussi s’articuler autour de la question familiale, ou plutôt de la pression sociale à fonder une famille qui pèse sur la bergère, en raison de son âge. Pression néanmoins modérée, car recommandée plusieurs fois avec humour, notamment quand son ami la compare à un des « Dinosaures » retrouvé sen Mongolie. Son isolement et sa réticence à trouver un mari ne l’empêche pas d’être en quête d’affection et de vivre une sexualité assumée. On sent que le scénario insiste sur ce point-là.

Wang Quan’an apporte une vision tendre d’un pays et de ses habitants, entre un immense ciel bleu et des étendues couleurs blé. Et ainsi va la vie (et la mort au début, ne l’oublions pas ! ) dans les steppes reculées de la belle Mongolie.

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