Le Festival

Un film, deux regards #3 – Amazing Grace

Pour ce troisième volet de « Un film, deux regards » nous partageons avec vous nos avis sur Amazing Grace, que nous avons pu découvrir en avant-première européenne.
Par Morgan Bernabé et Maud Ramos-Guerrero

201919019_1_RWD_1380.jpgProjection en avant-première européenne le vendredi 15 février 2019.
Synopsis : Un documentaire présentant Aretha Franklin accompagnée d’une chorale au New Bethel Baptist Church à Los Angeles en janvier 1972.

J’ai aimé – Morgan
Une explosion d’élégance et d’émotions. Amazing Grace m’a agréablement surpris, sur la forme d’abord : pas une fiction mais pas non plus un documentaire, ce film est tout simplement un live inédit de la chanteuse Afro-Américaine lors de l’enregistrement de l’album de gospel au succès planétaire : Amazing Grace. Je ressens encore la vibration de sa voix et des énergies présentes dans la salle. Bien plus que d’avoir vu un film, j’ai vécu une véritable expérience musicale et cinématographique. Évidemment sa voix nous transporte et nous transcende, mais c’est surtout la personnalité, les gestes, la présence, les regards, les postures, les sourires de cette icône de la musique qui nous séduit. J’ai découvert chez cette artiste une simplicité étonnante, voire frappante. L’humilité qui transparaît de sa personnalité ne cesse de contraster avec la puissance de sa voix. Elle incarne à elle seule tout un paradoxe, entre extrême douceur et force implacable : Aretha Franklin, une femme impressionnante et accessible à la fois. Ce que ce film nous livre, c’est aussi le rapport à l’image de l’époque qui ne ressemble en rien à celui que nous connaissons aujourd’hui. Alors que les contenus audiovisuels que nous regardons habituellement – même les documentaires et reportages – répondent à des codes qui encadrent les postures et le langage des personnes à l’écran, on ne retrouve rien de tout cela dans ce documentaire. La simplicité incarnée par Aretha et toutes les personnes qui l’entourent tout au long de ce concert est frappante car totalement décalée : ils ne semblent même pas être au courant qu’ils sont filmés et agissent avec une décontraction déconcertante. On assiste donc à une représentation d’un naturel saisissant. C’est toute la magie de ce film qui nous transporte dans les années 60-70 au coeur d’une Amérique du Nord divisée et violente qui impose un racisme ravageur. Amazing Grace dépeint le souffle d’espoir et la mélancolie de toute une partie de la population dont l’unique échappatoire était cette parenthèse divine de chanson et d’unité.
Plus qu’une simple démonstration artistique, le film est un appel au secours poignant mais teinté d’espoir et d’unité, et plus que jamais d’actualité dans nos sociétés actuelles.

Ce que je n’ai pas aimé – Maud
Amazing Grace est un concert inédit. Je dois dire que lorsque j’ai vu l’appellation “documentaire” j’ai tout de suite pensé qu’il allait s’agir d’un film retraçant la vie d’Aretha Franklin, et on peut dire qu’en ce sens j’ai été un peu déçue. Ce documentaire ne narre pas la vie de la reine du Soul, en revanche on se sentira proche voir presque intime avec elle car on découvre une femme très professionnelle et totalement transcendée par son art. Les images et la musique sont évidemment incroyables mais finalement l’ennuie peut assez vite se faire ressentir. N’aimant pas particulièrement le genre du concert-documentaire il m’a été impossible de ne pas m’ennuyer – voir même de piquer du nez – ce n’est pourtant pas faute d’aimer l’artiste qu’elle était. Je suis pourtant contente de l’avoir vu sur grand écran mais majoritairement pour la qualité sonore. Ce qui était dérangeant – en temps que française – c’est le manque de sous-titre, le film étant en anglais – les sous-titre étaient uniquement en allemand – ce qui m’a parfois gêné à la compréhensions des paroles des chansons. C’est pourtant ces paroles qui m’intéressaient particulièrement, c’était donc assez frustrant de ce côté là. En bref je trouve que ce n’est pas un film que l’on peut aimer ou détester, on aime le Gospel ou on ne l’aime pas, on aime Aretha Franklin ou on ne l’aime pas, tout simplement.

Photographies :
crédits : SBS Films Amazing Grace Movie, LLC

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