Le Festival

Un film, deux regards #5 – Divino Amor

Divino Amor était le deuxième film brésilien que nous avons eu la chance de voir, c’est un long-métrage qui a suscité de vives réactions, nous avons confronté nos ressentis sur ce film lunaire.
Par Morgan Bernabé et Maud Ramos-Guerrero

Divine-Love_by-Gabriel_Mascaro_10_16x9_800.jpgProjection du samedi 16 février 2019.

Synopsis : Brésil, 2027. Une femme très religieuse use de sa position de fonctionnaire pour tenter d’empêcher les couples de divorcer.  En attendant le signe divin de la reconnaissance de ses efforts elle se confronte à une crise qui finalement la rapprocherait de dieu.

J’ai aimé – Maud
Divino Amor est un film aux antipodes de ce que l’on connaît. Il revêt une esthétique assumée et revendiquée à la fois moderne – le film prend place en 2027 – et inspirée des années 70 – 80. Ce film pourra en déranger plus d’un, mais le ton cynique mêler à une mise en scène loufoque donnent un savant mélange devant lequel il est impossible de s’ennuyer ou de rester indifférent. Il m’a beaucoup fait écho à la série Black Mirror ou encore au film The Lobster.  Ce long-métrage aborde des sujets divers : nouvelles technologies, religion et tous les diktats de l’amour qui y sont liés. Comme Synonymes, Divino Amor est un OVNI du cinéma qui risque de diviser le public – ce qui donnera lieu je l’espère à de riches débats. Si vous cherchez un film pour vous attacher aux personnages ce n’est pas celui-ci, en revanche si ça vous est assez égal alors vous saurez apprécier la distance à laquelle les personnages sont posés. Cette distance que l’on ressent à l’égard des personnages est totalement en harmonie avec les rapports qui s’opèrent entre eux tout au long du film. On ne s’attache pas à eux certes, mais en même temps eux ne semblent pas s’attacher les uns aux autres – malgré le fait que la religion y prône le couple et l’amour divin : comme son nom l’indique. Pour ma part le commentaire à la voix enfantine qui vient ponctuer le film m’a subjuguer. C’est finalement le seul personnage que l’on ne connaît pourtant pas auquel on s’attache. Sa voix donne envie de l’entendre parler encore et encore, et le commentaire qui clôt le film est tout simplement poignant et éloquent. Egalement, il est impossible de parler du film sans parler des musiques qui sont choisies avec goût et intelligence.

Je n’ai pas aimé – Morgan
Divino Amor est un film surprenant et intéressant qui a selon moi tenté d’ouvrir un questionnement resté inachevé. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce film et je pense d’ailleurs n’y être pas parvenu totalement : ce film m’a laissé sur ma faim et je n’ai pas saisi là où il a voulu nous mener. J’ai souvent eu l’impression d’assister à une succession de scènes qui ont, je trouve, du mal à faire sens mises ensemble. Il est très difficile de s’attacher aux personnages qui nous semblent peu accessibles : ils font corps avec l’atmosphère générale de ce film qui décrit une réalité froide et fade. C’est d’ailleurs l’impression que ce film me laisse, et ce malgré les couleurs très contrastées et affirmées des images. Même si le rythme du film se veut lui aussi l’illustration d’une atmosphère morne, je trouve qu’il manque cruellement d’intensité. Les plans sont très beaux, les acteurs et actrices plutôt bons, mais l’intrigue me semble assez plate et plus descriptive que déroulant un réel enjeu. Je trouve tout cela dommage car l’univers mis en place dans le film est très intéressant et aurait dû à mon avis donner lieu à une intrigue plus satisfaisante.
Au contraire, le film m’a tout simplement semblé ennuyeux, et je suis restée totalement hermétique au dénouement final qui est pourtant censé éveiller notre surprise. À mon sens, le dénouement tombe à plat car l’enjeu est mal construit et ne parvient pas à attiser la curiosité du spectateur. Je suis peut-être tombée dans le piège de cette narration sans chaleur… ce qui est sûr c’est que je suis restée presque totalement fermée à cette histoire qui aurait pu être intéressante si elle avait mis en scène une plus grande et des enjeux plus importants. Peut-être aussi que ce film a souffert d’un système de personnages relativement restreint. J’ai en tout cas eu l’impression d’assister au premier épisode d’une série, comme une perpétuelle introduction qui ne parvient jamais à se développer… mais où est donc la suite ? D’ailleurs, ce film aurait pu être un épisode de la série Black Mirror, mais il est certain que je n’aurais alors pas pu lui reprocher une mise en scène aussi ennuyeuse.

Photographies :
crédits : Sundance Institute

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