Le Festival

Bedtime stories for the Brave – Le réchauffement climatique et la fiction

Jeudi 14 février, à 18h, était organisée une Masterclass intitulée Climate Change and Science Fictiona Possible Vision of the Future, or Already Reality ? J’aimerais d’abord saluer l’initiative de la Berlinale de mettre en place une masterclass sur un sujet d’actualité aussi brûlant (sans mauvais jeu de mot). Cette masterclass faisait partie de la catégorie NATIVe ; une catégorie qui met en avant des contenus audiovisuels produits par certaines régions sur le globe.

Si l’intention de faire d’un sujet aussi imposant que l’est l’écologie, un pilier du festival est pour le moins louable, cette Masterclass restait assez décevante sur certains points. Mais si vous souhaitez en savoir plus sur la masterclass, je vous conseille d’aller faire un tour sur l’article de Floriane Martin. Cependant, force est de constater que cette Masterclass a attiré beaucoup de monde, et qu’il existe donc une vraie demande pour ce type de contenu et sur la transmission de valeurs éthiques à travers le cinéma.

Cette masterclass a été ponctuée de la diffusion de 5 courts-métrages sur la thématique du réchauffement climatique. Ici, je vous parlerais d’un court-métrage en particulier, celui qui m’a le plus marqué.

Sans plus m’attarder sur la Masterclass, j’ai envie de vous parler du tout premier court-métrage qui a débuté cette session de discussion. Il s’agit de Bedtime stories for the Brave, un court-métrage réalisé par Ipek Sertöz. Ipek Sertöz est une jeune réalisatrice turque qui, à travers ce récit, nous emmène dans un monde futuriste bien ancré dans la réalité. On passe 6 minutes en huis-clôt, dans une chambre d’enfant comme on en voit partout autour de nous, une chambre si actuelle qu’on ne devine pas que l’on se trouve dans un futur proche jusqu’à ce que l’histoire commence.

Ce court-métrage met en scène une mère et sa fille, lors du fameux rituel de l’histoire du soir avant d’aller se coucher. Ce soir là, la maman décide de raconter une histoire que lui lisait sa grand-mère lorsqu’elle était enfant. Une histoire tout ce qu’il y a de plus banal, une histoire qui parle d’arbres immenses, d’oiseaux chanteurs et de poissons dansants. Mais cette petite fille n’a jamais vu d’oiseaux de sa vie, elle ne sait pas ce qu’est un poisson et elle peine à imaginer un monde où les arbres n’auraient pas besoin de verrière pour pouvoir pousser, où ils sont si nombreux qu’ils en deviennent des forêts.

C’est là que l’on comprend que cette petite fille vit dans un monde dévasté, un monde où toute la nature est artificielle. Coincés dans cette chambre sombre aux lumières douces, on se rend compte que cette petite fille ne connaîtra jamais la magie du monde qui nous entoure, une dure réalisation qu’elle peine à comprendre. Pourquoi ne pourrait-elle pas aussi regarder des poissons nager et s’émerveiller du chant des oiseaux ? Cette magie naturelle que l’on prend tous pour acquis pourrait très bien disparaître, surtout si l’on continue avec nos modes de consommation actuels.

Ce court-métrage est un joli poème, une ode à la nature et une mise en abîme très délicate. Dans cette chambre que l’on pourrait trouver dans la première maison que l’on croise, il y a une petite fille qui n’a jamais goûté un fruit frais et qui évolue dans un monde décimé par les comportements humains.

Cette façon de raconter le changement climatique, à travers les yeux rêveurs d’un enfant est extrêmement douce et insidieuse. On pense à ces histoires que l’on trouve dans les livres d’enfants en se demandant si, dans quelques années, des parents auront à expliquer à leurs enfants à quoi ressemblait une abeille car elles n’existent plus. Le message est fort, et il est transmis avec douceur tout en restant dans un coin de notre tête pendant longtemps. Car tout ce que nous entreprenons aujourd’hui envisage le monde que l’on laissera aux générations futures.

Car si les enfants semblent être au coeur des préoccupations écologiques des différents réalisateurs (tous les court-métrages présentés mettent en scène des enfants), le point commun des différents courts-métrages est que l’on donne à ces enfants salvateurs, les clés d’un monde déjà dévasté. Si le pessimisme semble être de mise, il est aussi accompagné d’une certaine poésie humaine assez sensible qui touche le spectateur sans tomber dans une mise en scène morbide. En effet, ici pas besoin de nous montrer la terre dévastée, on préfère nous montrer le monde à travers les yeux d’un enfant qui imagine en rêvant pouvoir goûter à une pêche ou grimper sur un arbre. Peter Henning, intervenant à la masterclass a dit « Film making is about showing what the world could be« , ce court-métrage nous présente un monde inerte, sans la moindre étincelle, et dans lequel cette petite fille devra grandir sans pouvoir goûter à toutes les beautés imaginables de la nature, un monde terne, sombre, où l’on rêve d’arbres en liberté et d’oiseaux enchanteurs.

Si jamais ce court-métrage vous intrigue,
cliquez ici pour découvrir le trailer !

© Crédits photos : Ipek Sertoz – http://www.ipeksertoz.com/

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